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Publié par SOUBER YOUSSOUF AHMED

Le 53ème anniversaire du massacre du 26 Août 1966

Se remémorer d'un événement douloureux...

Une journée dont personne ne peut se permettre d'oublier, ou de négliger l'importance sinon la gravité des événements qui s'y sont déroulés. Car cette date qui restera à jamais gravée dans les esprits Djiboutiens, mais surtout dans les annales de l'histoire avec un grand "H", témoigne à la fois de ce que le peuple Djiboutien, uni et indivisible, a osé pour son indépendance, pour sa liberté, et ainsi des conséquences humainement déplorables dont il a subi de la part de son colonisateur, de son agresseur et de son occupant machiavélique, prétendu défenseur des droits humains, mais en réalité, fossoyeur de démocratie et génocidaire historique. Celui qui a massacré hommes et femmes Djiboutiens dans la journée du 26 Août 1966, n'est autre que le criminel sanguinaire De Gaules, qui a au nom de l'état Français, ordonné la commission de crimes contre l'humanité sur la population Djiboutienne, désireuse d'acquérir tout simplement et pacifiquement, l'accession à son indépendance, et donc à la souveraineté de sa nation.

Le 26 Août 2019, toute une nation se souviendra de ses martyrs...

Tout Djiboutien et où qu'il se trouve, doit se souvenir de cette date, celle où plus de 3000 de nos compatriotes ont été tués en quelques heures par l'armée française et ce, sur ordre du tyran sanguinaire De Gaules. Voici un bref rappel des faits:

 

Dans la journée du 25 Août 1966, le Général De Gaulle ayant visité Djibouti étant à l'époque sous domination coloniale française, subi un affront historique et sans pareil par le peuple Djiboutien résolument pro-indépendant. 

En effet, en partance pour l’Asie et pour le Pacifique, le criminel De Gaulles s'était arrêté à Djibouti le temps d'une escale. A sa descente d'avion, il a été accueilli par une foule clamant « Indépendance ! Indépendance ! », et brandissant des pancartes et des banderoles où ses écrits y étaient visibles. Dans l’après-midi du 25 août 1966, le genocidaire De Gaulles a été chahuté par un peuple déterminé à faire valoir le principe onusien, à savoir la revendication de leur droit à l'auto-détermination et à l'indépendance. Ce comité d'accueil a été bien préparé par le principal parti de l'opposition, le parti du mouvement populaire (PMP) de Moussa Ahmed Idriss. Ce dernier a été le principal architecte de cet événement historique sans précédent, que la France n'y'a jamais connu durant toute son  histoire coloniale en Afrique. Né en 1933 à Douda, Moussa Ahmed Idriss a bel et bien été l'homme qui avait défié ce jour-là le colonisateur aigri. Figure de proue des mouvements indépendantistes, ce disciple du héros national Mahamoud Harbi, était alors un député à l'Assemblée coloniale française. Lors de cette visite du général de Gaulle à Djibouti, la population avait adopté une stratégie afin de tromper la vigilance des forces coloniales. Les manifestants s'étaient fait passer pour des gens venus accueillir l'occupant de Gaulle, mais en vain. Une farce tragique l’attendait sur la place Rimbaud : des porteurs de pancartes que le gouverneur croyait venir saluer l’homme d’état, exigaient tout bonnement l’indépendance immédiate et totale du territoire colonisé. Une fois que les deux couloirs formés par les manifestants devinrent opérationnels,  Charles de Gaulle fut houspillé par une foule qu’il avait cru venir l’acclamer, en étant ainsi accueilli aux cris d’indépendance poussé par les activistes." 
Malmené pour la première fois dans une de ses colonies, De Gaules avait considéré que l’accueil de Djibouti comme un camouflet, une insulte à sa propre personne et à la France. Animé de cruauté sauvageonne, c'est alors qu'il ordonna à l'armée coloniale, de commettre l'impensable, voir l'inadmissible. Le massacre de la population Djiboutienne tout bonnement et au lendemain !

 

Le 26 Août 1966, jour du massacre orchestré par le Général De Gaulles...

La légion étrangère a bel et bien "déblayé la place" comme l'a ordonné le vieux général sanguinaire, tirant sans sommations sur la foule nombreuse, qui attendait paisiblement l'arrivée de ce dernier. Un terrible déchaînement de violence coloniale eu lieu. L'armée occupante aux ordres de son Président, s'est acharnée sur une population désarmée, qui manifestait paisiblement pour son  indépendance. Sans ménagement, elle s'en est prise avec une violence inouïe à des innocents, perpétrant ainsi un massacre humain des plus graves dans l'histoire de l'humanité. En quelques heures, environ 3000 morts et près de milliers de blessés gisaient sur le sol. Un horrible crime colonial, synonyme de crimes contre l'humanité. Comble de l'abjection, l'armée française déblaya sans vergogne aussi les corps de ses victimes pour effacer toute trace de leur forfait. Philippe Oberlé décrit dans son livre "histoire de Djibouti", la cruauté de cette armée de barbares: « Les ambulances ne sont pas assez nombreux ; pour dégager plus rapidement les lieux, on a recours aux camions-plateaux de la voirie, sur lesquels sont chargés hâtivement des blessés et des corps inanimés... Une équipe de balayeurs s’affaire à dégager la chaussée des centaines de sandales abandonnées par la foule dans sa fuite éperdue ». 

 

 

Une action en justice est nécessaire... 

Nous lançons un cri d'alarme à l'endroit de la communauté internationale, afin qu'une enquête préliminaire soit diligentée contre l'état Français par le Haut Commissariat des Droits de l'Homme des Nations-Unies et ce, pour crimes contre l'humanité commis dans la journée du 26 Août 1966 sur les populations vulnérables de Djibouti. Nous n'oublierons jamais cette souffrance, et la ferons payer à la France un de ces jours. Une fois de plus, un hommage national des plus mérités à l'endroit de Mr MOUSSA AHMED IDRISS, dont plus de 9 Djiboutiens sur 10 estiment qu'il devrait être décoré de la Grande Etoile de la nation.  

 

SOUBER YOUSSOUF AHMED

Journaliste indépendant et Directeur du Journal le Renard